samedi 22 décembre 2012

L'envol des Canaries

Le 22 décembre 2012.

Le soleil se lève et je le regarde.


"Le moment est venu" murmure la petite voix.


L'envol des Canaries.



A bientôt, au Cap Vert.

Capucine


ps: Pour des raisons administratives qui me dépassent, je pars sans Iridium. Ni position ni nouvelle d'ici l'arrivée au Cap Vert. dans environ 10 jours. peut-être plus, peut-être moins. Tout ira bien et avec TaraTari nous allons passer notre 2ème Noël en mer. Heureuses fêtes à tous. Et n'oubliez pas: offrir de l'amour et du respect est le plus beau, le plus tendre des cadeaux. x cap.

vendredi 21 décembre 2012

Estimada marina Puerto Calero

Chers amis,
Avec Tara Tari, nous reprenons notre route et c'est avec beaucoup d'émotion que je passe ma dernière soirée ici, à la marina. Ces quelques mois d'escale auront profondément marqué mon aventure, ma vie à bord de TaraTari.
Je ne saurai vous dire à quel point je suis reconnaissante envers la marina Puerto Calero, l'équipe du Varadero et envers vous tous qui avez pris si bien soin de mon petit bateau et de moi depuis notre arrivée sur l'île. J'ai fait de très belles rencontres et je pars en me promettant de revenir bientôt. L'aventure humaine est intense; quand on voyage seule et avec bien peu, la moindre attention est un précieux cadeau. Et il y a eu tant de bons moments, de rires et de sourires échangés, ici! Énergie positive! Parfait pour recharger les petites batteries de TaraTari (et les miennes)! ça fait avancer dans le bon sens, comme un bon vent portant!
Je pars de Lanzarote en m'étant humainement enrichie de tant de partages. Alors voilà, avec simplicité, avec sincérité, je vous dis 'merci' à toi Mel, ainsi qu'à tous ceux qui font vivre cette belle marina. Il y aura un peu de vous à bord pour la suite de mes pérégrinations.
Bonnes fêtes et à bientôt pour d'autres partages!
Bon vent, belle mer et... vive le jute! ;)
Capucine



Estimados amigos,
Con Tara Tari, ya zarpamos y es con mucha emoción que paso mi ultima noche aquí, en la marina. Esos meses de estancia aqui habran profundamente marcado mi aventura, mi vida a bordo del Tara Tari. Marina Puerto Calero, Varadero Puerto Calero, y a todos vosotros que habeis cuidado tan bien de mi pequeno barco y de mi desde nuestra llegada en la isla: no podria decirles lo agradecida que soy. Conoci a muy buenas personas y me voy haciendome la promesa de volver pronto.
La aventura humana es intensa; cuando se viaja sola y con tan poco, el menor detalle se convierte en gran regalo. Y pasamos tantos buenos momentos, compartimos tantas risas y sonrisas, aqui! Hicimos el lleno de energia positiva! Perfecto para cargar las pequenas baterias del TaraTari (y las mias;) ! Nos permiten avanzar, como un buen viento de popa!
Me voy de Lanzarote enriquecida a nivel humano por compartir tanto. Asi que nada, con sencillez, con sinceridad, os doy las gracias. a ti, Mel, y a todos vosotros que hacen vivir esa hermosa marina. Habra un poco de vosotros a bordo, para siempre.
Felices fiestas, estimados amigos.. y nos vemos pronto.
"Bon vent, belle mer" y... viva el yute ;)
Capucine (que no encuentra las tildes en su ordenador, sorry : /



jeudi 20 décembre 2012

soon soon


Tout est prêt pour partir. Mais j'attends toujours l'Iridium bloqué aux douanes à Gran Canaria.. et pourtant envoyé il y a un mois. Je suis patiente et peux attendre, mais pas fastoche de récupérer le petit bidule qui me permettrait de communiquer de temps en temps avec la terre. Et pas très envie d'attendre mille ans ici. Ce n'est pas très grave, mais maintenant qu'il a été envoyé, ce serait bien dommage de partir sans. Voilà ce qui empêche mon départ aujourd'hui... Quant à demain, nous verrons bien!


Tout va bien et je suis très heureuse de repartir au large.
A bientôt pour un petit au revoir avant de partir!
Capucine

patera

Ile de Lanzarote. Décembre 2012.

Fffftttttttfffffttttttttttfffffttttttffffftttttttttffffftttt Le ciel gronde. Et pourtant il fait grand beau. Ce sont les hélicoptères militaires qui, deux par deux, sillonnent la côte. A toute heure. Les pales, hélices de leurs machines fouettent l'air. Incessant va-et-vient. Assourdissant. Les badauds lèvent le nez, scrutent le ciel, admirent les engins de guerre et reprennent leur activité - manger une glace. A peine revenue de ma nav dans les îles préservées, je laisse un instant mon bricolage, interroge des pêcheurs avec lesquels j'ai pu me lier d'amitié ces derniers mois. Ils savent: "Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, une "patera" était sur le point d'accoster sur l'île, un peu plus au Nord, quand la patrouille de la Guardia Civil les a abordés et, foirant leur manoeuvre, ils sont entrés en collision avec l'embarcation. Un mort et sept disparus. Des blessés emmenés d'urgence à Gran Canaria.. et les 17 survivants clandestins détenus. L'embarcation a coulé." me relatent-ils, le ton triste.

Une "patera" est à la base une embarcation espagnole à fond plat. Mais ce terme concerne aujourd'hui tout type de bateau utilisé par des groupes d'immigrants clandestins. Ces bateaux de fortune servent à travers le Détroit de Gibraltar, la Mer Méditerranée ou l'Océan Atlantique pour arriver en Andalousie, en Murcie ou encore aux îles Canaries, où je me trouve. Le mot est entré en 2001 dans le Dictionnaire de la langue espagnole. C'est dire si c'est la pratique s'est banalisée; la situation, aggravée. Un truc normal en plus, peut-être, dans notre société sans conscience. Depuis mon passage en Andalousie avec Tara Tari, je suis témoin de ça, de cette détresse. "Les pateras arrivent tout le temps, tu sais... " m'expliquait-on déjà en Andalouise. Je n'en ai pas parlé du tout ici parce que je ne sais pas comment en parler. Mais en prenant le temps là où je passe, je fais toutes sortes de rencontres. Il n'y a pas de mot pour la douleur que l'on ressent face à la détresse des autres.
Et les hélicoptères passent et repassent.

Une "patera"
Un peu coupée du monde, enfin d'un certain monde, celui de nos villes qui grouillent, qui râlent pour un rien, pour un tout mais sans rien faire pour changer radicalement le cours des choses. Un peu coupée du monde, disais-je, je ne fais pas grand chose pour suivre les infos tellement désagréables qui se passent dans "ce monde". Je préfère apprendre du ciel et de la mer, des poissons et des arbres. Mais la réalité de la vie de ce que l'Homme a fait du monde me rattrape parfois. Par le bruit des pales d'hélicoptères par exemple. Ou comme à Gibraltar, quand les avions de chasse hurlaient dans le ciel et faisaient trembler la terre, le temps de faire le plein d'essence et de repartir vers le Mali, vers la Syrie où je ne sais quel autre pays en souffrance.

Des enquêtes sont en cours, et les recherches des corps des disparus ont été abandonnées. Ce qu'il s'est passé sur l'eau cette nuit-là? On parle de "gros problème technique" du bateau patrouilleur et on dit plein de choses. Bien que l'affaire soit terriblement triste, je crois que ce qui me choque le plus dans tout ça, ce n'est pas forcément l'accident qui a fait couler le bateau et de l'encre ici, mais surtout que l'on en soit arrivé là. A laisser des hommes dans de telles situations de détresse.

On s'agite pour gérer l'immédiat, l'émotif, l'arrivée des pateras et les conséquences, mais le vrai truc à faire, ce serait d'aider (pour de vrai) des humains à vivre, afin que l'exil ne soit plus la seule solution pour des peuples entiers. Et dire que l'on marche sur la lune. Tout est question de priorité, n'est ce pas.

Les hélicoptères bourdonnent, les troncs des cocotiers sont enguirlandés pour Noël et à la VHF, on demande aux navigateurs de veiller à la possible découverte des corps de sept immigrants disparus.

Sentiment amer face à mon inutilité, ça me bouffe.
Il fait nuit. Et les hélicoptères passent; tournent en rond.
Qu'avons nous fait de nos vies, de nos âmes, du monde?
Capucine

lundi 17 décembre 2012

Gold of Bengal

Chers amis,
Il est important de se faire relais d'informations porteuses de solutions, alors un petit mot pour vous donner de bonnes nouvelles du Bangladesh: les recherches avancent bien et le petit frère de Tara Tari est en train de naître!

Gold of Bengal - voilier en Pat (jute)
Reprenons..
Corentin a, depuis son expédition à bord de TaraTari, lancé son projet "Gold of Bengal", au Bangladesh. NB / Vous pouvez toujours trouver dans vos librairies, le super récit de Corentin: "L'Aventure de Tara Tari" aux éditions La Découvrance.

Gold of Bengal est un programme de recherche de l'association Watever, basé au Bangladesh. Il vise le développement d'un nouvel eco-matériau à base de fibre de jute. (http://www.watever.org/)

vive le jute ;)

Pourquoi le jute ?
Parce que Corentin, alors qu'il travaillait pour le chantier naval TaraTari au Bangladesh, s'est retrouvé face à 2 problématiques:
- L’utilisation de plus en plus étendue de la fibre de verre dans la construction des bateaux, alors que ce composite polluant n’est pas recyclable.
- Le déclin de l’industrie du jute au Bangladesh, de laquelle dépend 40 millions de personnes, malgré les nombreuses propriétés de cette fibre naturelle.

Face à ces problématiques, Corentin et son équipe - ils sont 6 sur place - se lancent dans la réalisation des solutions en lançant la construction du bateau Gold of Bengal: Premier bateau réalisé en infusion au Bangladesh – Plus grosse infusion de jute du monde, ce bateau constitue un moyen de faire avancer les recherches sur le matériau et de communiquer sur ses potentialités.

Parrainé par Roland Jourdain, ce bateau va permettre:

D'un point de vue technique:
- De faire avancer les recherches sur le matériau.
- De tester la construction d'objets de grande taille en "Pàt" (composite en jute ).
- De tester le vieillissement du matériau en milieu aqueux.
- De chiffrer l'avantage écologique et économique de l'utilisation du jute en remplacement de la fibre de verre.

Jute do it

La construction du bateau a déjà commencé. Des partenaires de Corentin et son équipe aident déjà à financer la main d’œuvre, les infrastructures… Mais la belle équipe a encore besoin d'aide et a lancé une campagne de crowdfunding, avec diffusion de petits films sur les étapes de la construction et tout et tout (ils font ça bien, hein?). Il est important de savoir que « Gold of Bengal » ne sera pas le bateau d’un projet, mais bel et bien l’ambassadeur d’un nouveau mode de construction navale et de toute une communauté de personnes qui pensent que la technologie et le respect de l’environnement peuvent s'accorder.

Pour participer au projet et aider Gold of Bengal à aller porter son message, il suffit d'aller sur le site suivant: http://www.kisskissbankbank.com/gold-of-bengal-premier-voilier-en-fibre-de-jute

Avec Tara Tari, nous sommes un peu loin mais de tout notre coeur, nous souhaitons la plus belle des naissances à Gold of Bengal dont la mise à l'eau est prévue en Février 2013, et plein de bonheur à l'équipe dans ce grand projet! 

Vive le jute!
Capucine


ps: Tara Tari compte 40% de jute + résine polyester (pas d'epoxy au Bangladesh) pour ceux qui me posent souvent la question ;)

vendredi 14 décembre 2012

et des milliers d'étoiles

Iles Canaries. décembre 2012.

Cabotage dans les îles encore un peu sauvages, encore un peu épargnées.
Un peu coupée d'un monde pour me retrouver un peu plus en harmonie avec le monde.
Loin des lumières superficielles, les étoiles, si belles, se dévoilent à qui les espère.
Apaisement.

Volcans, pêche à la sardine et noix de coco.
Et des milliers d'étoiles.
Vie sauvage.

De retour au port pour terminer un peu de bricolage (le régulateur d'allure, la couture de la voile..) et attendre l'Iridium toujours bloqué quelque part, je découvre en retrouvant un écran d'ordi que beaucoup se sont inquiétés de mon silence, ces derniers jours. Mais tout va bien: j'étais en mer, au mouillage ici et ailleurs, dans des petits coins de terre, d'îles désertes. Loin des montres et du virtuel.


Tout va bien.
La situation météo se stabilise enfin et mon bricolage de régulateur avance, donc tout devrait permettre un départ le 20 décembre, vers le Cap Vert.

A bientôt,
Capucine

samedi 24 novembre 2012

ça fait du bien

Lanzarote. le 23 novembre 2012.

"Super trop chouette" - je traduis - mais c'est exactement ce qu'à dit Tara Tari en quittant la marina de Puerto Calero, le temps d'une petite nav de remise en forme (et medias). ' faut dire, que ça faisait un moment qu'il voulait se dérouiller les dérives, ce p'tit bateau! Et que c'était bon, malgré le tout petit temps, de retrouver la sérénité de la navigation à bord! ça fait tellement de bien!
Laurent, en escale ici, m'a accompagnée et en a profité pour faire quelques jolies photos.


Tout ce qui m'anime en ce moment, toute l'énergie mise dans la concrétisation, dans la préparation du bateau.. c'est pour cela, c'est pour Tara Tari, pour être sur l'eau, pour naviguer et continuer à vivre cette vie intense, simple et passionnée.



- "Alors, quand pars-tu?"
- "Quand ce sera le moment"
Comme depuis plus d'un an maintenant, je prends le temps d'avancer au gré du vent, de la mer, du bateau. Les imprévus, c'est tout le temps dans la vie, alors il faut savoir s'organiser; cela fait plus d'un an que l'aventure se déroule ainsi et on se débrouille. hein, Tara Tari, les plans B, ça nous connaît, n'est-ce pas?

Cela faisait des mois que je prévoyais de faire cette partie de mer (Canaries - Cap Vert) en double et j'avais prévu un peu de bricolage au Cap Vert ensuite, mais comme la nav s'annonce en solo, je bricole tout ça ici, aux Canaries. Ces jours-ci, je vais bidouiller un peu pour fabriquer un régulateur d'allure, aidée par Gaëtan, en escale ici, en échange d'un peu de poulet lyophilisé que j'avais reçu à Alicante. Le régulateur d'allure est une sorte de pilote automatique naturel, qui marche avec le vent et qui est un bon système pour éviter de me retrouver sans aide à la barre en cas de panne d'énergie ou de pilote automatique. Et puis j'attends aussi un téléphone Iridium car j'ai un problème avec celui que l'on m'a prêté. Enfin, bref, quelques bricoles. Comme souvent aux escales, on fait de belles rencontres, et je reçois un bon coup de main de Laurent, alors si tu lis ces mots, "merci beaucoup Laurent!". Je vide le bateau, vire tout ce dont je n'ai pas besoin. Il y avait encore trop de trucs. Et dans quelques jours j'espère, enfin quand ce sera le moment, viendra alors l'heure du départ vers la suite.

Une dépression arrive sur les Canaries, ce n'est donc pas le moment.
Il n'y a pas d'urgence alors 'I take it easy', comme on dit.
L'intuition fera le reste.
A bientôt!
Capucine

vive le sirop d'érable !


Tara Tari fait son entrée dans la presse canadienne!

Merci Québec Yachting pour cet article et le soutien à l'aventure!

Article à lire ici : "Capucine Trochet et Tara Tari : partir à la découverte du monde écologiquement"

Québec Yachting novembre 2012

Je ne sais pas si avec Tara Tari nous aurons un jour le plaisir d'aller au Canada, mais nous envoyons sur l'Atlantique un grand bonjour à tous nos amis du Canada! Merci pour tous vos nombreux messages!
A bientôt!
Capucine

mercredi 21 novembre 2012

reconfiguration

Lanzarote. Le 21 novembre 2012.

Hier, au moment de larguer les amarres, Sandrine a dû renoncer à partir. J'ai donc pris la décision de passer la nuit au port et de décaler un peu mon départ le temps de m'organiser. Je regarde la météo des prochains jours et les petits oiseaux qui chantent et me remets en config' solitaire.

nuit au port
J'ai hâte d'être en mer.
A bientôt,
Capucine


lundi 19 novembre 2012

Comment dit-on "dimanche" en Canarien ?

Lanzarote, dimanche, lundi, etc.

Bah "dimanche" en Canarien, ça se dit "mardi".
On a pris le rythme des îles, que voulez-vous. :)
Je prends le temps, ce n'est pas si nouveau, hein. Alors le départ annoncé aura en fait lieu demain matin, mardi.

Le truc c'est que comme souvent "c'est une longue histoire" mais comme personne n'a le temps, voici la version simplifiée: nous pensions réussir à faire mille choses en deux minutes, et en fait non.

lundi, dans les starting block :)

Samedi après douze mille expéditions dans l'île, j'ai pu enfin trouver des câbles,traduit un texte pour le chantier en échange de l'utilisation de la presse  pour sertir et poser deux nouveaux étais (ce n'était pas un luxe vu l'état des anciens.. :/ ) pendant que Sandrine était à l'atelier matelotage: épissures des laching des étais, haubans etc. Du coup on a enlevé le mât du bateau (comiquement périlleux) et bricolé encore jusqu'à pas d'heure.

Dimanche, en fait nous sommes allés à Fuerteventura, avec Sandrine et Laurent, un ami rencontré à Lanzarote qui nous file un coup de main,  pour retrouver l'équipe du tournage du film 'en solitaire' avec François Cluzet, Alex Pella &co, car ils avaient à bord de leur Imoca DCNS, mon pot d'antifouling et d'autres bricoles. C'était top et une sacrée aventure, bien rigolote.

dernières retouches et hop là, à l'eau !
Et puis voilà, ensuite nous sommes aujourd'hui, lundi. Réveil super tôt et grosse-grosse journée: remâtage du bateau, pose de l'antifouling (c'est un prototype offert par NAUTIX, moins sale que d'autres et spécialement prévu pour le grand voyage de Tara Tari), mise à l'eau, rangement, chargement de l'avitaillement. Le départ - sûr - c'est demain, mardi 20.

Spécial thanks: à Fidel et l'équipe du varadero de Puerto Calero, à celle du chantier, à Laurent et Sandrine, à Pifou pour son aide pour l'enregistrement et encodage de la balise Epirb (dossier compliqué!) à GREAT CIRCLE pour les points météo, à Renaud Mary pour la livraison de matériel, à Yves Le Blevec, Bertrand Delesne, Boris Herrmann et Gonzalo Infante pour les analyses météo, routage etc, à l'équipe du film "En solitaire" (film sur le Vendée Globe), David Raison pour tous ses conseils (je vous rassure, Tara Tari n'a pas encore d'étrave arrondie ;), Sidney Gavignet pour toute son aide... et à Lanzarote pour son accueil! Cette île est super!

La météo va être idéale pour naviguer vers le Cap Vert et Tara Tari est tout beau, hyper heureux d'être à l'eau et d'être ultra étanche et bref: tout prêt pour découvrir le grand large de l'Atlantique!

Il faut compter une bonne dizaine de jours pour arriver au Cap Vert, puisque la météo va être très douce pour partir. Merci pour TOUS vos messages de soutien! je suis ravie de partir et Sandrine l'est aussi. Voilou pour les nouvelles. Milles affectueuses pensées à tous les amis kerpapiens et à tous,

Cette fois-ci, pas de blague: départ demain dans la matinée après un petit tour devant Lanzarote avec les journalistes.

à très bientôt pour la suite des aventures!
Capucine

jeudi 15 novembre 2012

Départ des Canaries !

Lanzarote, le 15 novembre 2012.


Je m'étais fixée d'être prête à partir mi-novembre, et aujourd'hui, le 15, je suis ravie de vous dire que Tara Tari et moi sommes prêts à repartir en mer! Planning respecté :)

Capucine ©Renaud Mary / nov2012 / Lanzarote - Canarias
Ce nouveau départ a demandé beaucoup d'énergie et de préparation pour que tout soit nickel, surtout au niveau sécu. Et tout va être ok. Je suis donc désolée de ne pas avoir pris beaucoup de temps pour raconter tout cette phase de préparation sur le blog, je suis désolée de ne pas avoir pu répondre à tous les mails et autres marques de soutien. Avec Tara Tari nous sommes très touchés par toute cette mobilisation. C'est grandiose, et tout ce que je peux vous dire, là tout de suite, (je termine tout juste le chantier :) c'est que je suis super super super heureuse. mais vraiment. :)

Nous avons fait un point avec mes amis météo de Great Circle, la situation n'est pas top ces jours-ci. C'est assez instable, et surtout le vent est de secteur Sud Ouest! Il faut donc attendre le retour du vent portant et d'après les fichiers tout semble valider un départ dimanche 18 novembre de Lanzarote vers Mindelo sur l'île Sao Vincente, au Cap Vert.


C'est rigolo, car il y a un an, le 17 novembre 2011, je larguais les amarres, à La Ciotat.
Cette nav des Canaries au Cap Vert va être assez sportive, avec possibilité de vent fort et de houle désagréable. Cependant, une amie me fait le plaisir de m'accompagner, ce qui est toujours mieux pour gérer les coups de vent et le sommeil et puis pour rigoler aussi :) Cette amie, c'est Sandrine Bertho, infirmière navigatrcie en Mini et en Multi50. On est d'accord, la transition Actual- Tara Tari, ça va peut-être lui faire drôle! :) Sandrine est une fille top, qui m'a énormément soutenue lors de mon hospitalisation à Kerpape. On a navigué ensemble en Class40 et bref, ça va être super de partager ensemble cette nav'!

Pour ce Canaries - Cap Vert, ce sera comme toujours, sans nouvelle du bord.
Il faut compter environ 10 jours en mer. Peut-être plus, peut-être moins!

Pour la route, ça va être un peu Sud Ouest, pour ne pas aller trop près des côtes de Mauritanie et risquer de rencontrer les pirates!

Tout va bien se passer, et je vous préviendrai dès que nous serons arrivées à Mindelo.
A bientôt!
Capucine


ps: n'oubliez pas que des infos et photos du projet sont visibles sur la page fb  http://www.facebook.com/WhereIsTaraTari

jeudi 1 novembre 2012

Bientôt l'envol des Canaries

Hello!
Un mois sans nouvelles... et même un peu plus d'un mois, désolée pour le silence radio! tout va bien. 1 mois, c'est certainement le temps qu'il me faudra pour arriver de l'autre côté, alors on n'a qu'à dire que c'était un test de "sans nouvelles".

Préparation de la traversée, matériel à récupérer un peu partout, les présentations de l'aventure dans des écoles, à Kerpape, les interviews etc.. Une transat en solitaire sur un petit bateau en jute demande beaucoup d'organisation et de préparation pour que tout se passe au mieux; je n'ai pas vu les journées défiler. Tout est passé vite mais voilà: tout est prêt pour la suite de l'aventure!

Je mets des petits "ok" devant chaque ligne de ma "to do" liste et en ce 1er novembre, je peux l'affirmer: la phase 1 de la préparation de cette nouvelle aventure en Atlantique, est enfin terminée! Ce qui signifie que la partie plus agréable (qui consiste à naviguer) approche, héhé.

A Lanzarote, aux Canaries, je m'occupe de Tara Tari et prépare encore un peu la belle nav qui nous attend. Départ dans environ 15 jours pour le Cap Vert! Escale prévue à Mindelo, ville natale de Cesaria Evora :) sur l'île Sao Vincente, et puis ensuite, cap à l'ouest, traversée jusqu'à la Barbade.

Bientôt l'envol des Canaries !

Dans quelques jours, mon avitaillement transat (du verbe avitailler: "pourvoir un navire avant son départ de tout ce qui lui sera nécessaire" dixit le dictionnaire de l'Académie Française), c'est à dire les lyophilisés offert par Sidney Gavignet, un panneau solaire d'Olivier Avram, un pilote automatique et d'autres bricoles arriveront par la mer avec un autre ami, Renaud Mary qui fera escale à Lanzarote juste pour me déposer tout ça. L'aventure est partout! Il y a eu des moments bien drôles, mais là, la connexion n'est pas bonne, je donnerai donc plus de nouvelles plus tard. Notamment pour remercier mes amis de Kerpape pour leur infini soutien et aussi pour remercier les personnes qui m'ont aidée dans cette nouvelle grande étape de mon aventure. Aventure définitivement portée par la générosité et la solidarité de tous.


Je suis super heureuse de bientôt repartir en mer avec mon vaillant petit Tara Tari.
ça va être top!
Affectueuses pensées des îles Canaries!
Capucine & Tara Tari


ps: petit message personnel aux tempêtes tropicales: ça suffit les bêtises maintenant, on se calme et on laisse les petits bateaux passer tranquilou avec les alizés, merci beaucoup.

mardi 18 septembre 2012

Go West !

Bretagne

En pleine préparation de la suite de l'aventure, je ne donne pas beaucoup de nouvelles... mais les choses avancent bien :) grâce à l'aide d'amis et aussi de personnes que je ne connais pas, grâce aux articles de presse et grâce à votre soutien etc. Grâce à toute cette aide, tout sera bientôt prêt pour la suite de l'aventure en mer !


Le programme ? Avec TaraTari nous allons dessiner Un grand sourire sur l'Atlantique!!
Chouette programme, non? Départ des Canaries mi-novembre, cap sur le Cap Vert et puis sur La Barbade! avant de remonter l'arc antillais...

 - Voiles Magazine 0ctobre 2012 -
Même si je pars avec le strict minimum pour continuer à vivre dans cet esprit de simplicité
Il me manque encore des cartes nautiques (en papier) des Canaries, du Cap Vert, de la Barbade et des îles des Antilles, il me manque aussi une puce irridium (Armel Le Cleac'h me prête le téléphone ;) ce qui me permettrait de donner quelques nouvelles pendant la longue traversée qui m'attend, et aussi une ancre flottante et quelques bricoles...

Pour m'aider à financer tout cela j'écris un peu, mais écrire n'a jamais rapporté beaucoup (ça se saurait) alors je remercie les personnes qui me soutiennent financièrement et aussi mon ami Thibault qui a discrètement fait apparaître un petit bouton "faire un don" juste là, à tribord du blog pour m'aider à continuer d'avancer vers l'Ouest. Thibault Reinhart a traversé l'Atlantique à bord de son mini 6.50 en lin! Alors pour faire avancer les fibres naturelles, le lin et le jute se serrent les coudes ;) vous pouvez découvrir, revivre la transat de Tib et suivre ses nouveaux projets sur son site Votre Regard.

Mille mercis pour la nourriture, le prêt de matériel et autres coups de pouce à Sidney, Bruno, Olivier, François, François-Xavier, Xavier, Philippe, Yves, Thierry, Julien et... vous êtes trop nombreux! ;)

Autre nouveauté, une page Facebook Where is Tara Tari ?

Promis, j'écris plein de nouvelles ici très bientôt!
Merci encore à tous pour votre aide!
A très vite!
Capucine


mardi 28 août 2012

TaraTari vu du ciel

En mer. Et aussi un peu en imagination.


Tiens!?
Mais quel est donc ce bruit ?

???
oh! Un hélicoptère !

vrrrrrrrrrrrrr

Eeeeeh Oui! On s'embourgeoise: aujourd'hui c'est séance photos en hélico!

Incroyable! Increible! Unglaublich! Amazing!
n'est-il-pas?

Vous avez toujours rêvé de voir TaraTari vu du ciel ?
heureuse de vous le dire: votre rêve va se réaliser :




pour celle-ci, l'hélico a frôlé les haubans - pfiou! l'angoisse!

Bah oui; je suis complètement d'accord:
Même vu du ciel,
TaraTari est le plus beau des bateaux.

Bonne journée!
Capucine


vendredi 24 août 2012

astuces nocturnes

Juillet 2012.
Constat assez systématique à nos latitudes: chaque jour le soleil descend sur l'horizon et arrive ailleurs. Les romantiques trouvent ça beau.

appareil photo dans le pataras, manoeuvre au coucher du soleil
Moi, je n'adore pas le coucher du soleil. Il marque l'arrivée de la nuit.
Le ciel étoilé, la lumière de la lune, le réconfort d'un phare, le plancton biolumineux... ok, la nuit peut-être un moment privilégié en mer. Oui, mais pas toujours. Parce que les étoiles et tout ça, c'est joli c'est sûr, mais quand, le long des côtes en Med, on ne peut pas dormir plus de 2 siestes de 10 minutes par nuit, et avec jusqu'à 14h d'obscurité en plein hiver et souvent plein de mystérieux feux de bouées ou de bateaux: elles semblent parfois bien longues et pénibles, ces nuits froides et sombres! Qu'à cela ne tienne, il en faudra plus pour nous décourager! Avec TaraTari, nous avons trouvé des petits trucs et astuces pour avoir chaud et pour égayer les longues nuits d'hiver! Pour cela, j'ai dû m'improviser...

*
Danseuse! Nuit du 8 au 9 janvier, il est 3h du matin et il fait très froid, au large du Cap Tortosa (Delta de l'Ebre). J'ai de la fièvre. Malgré une grippe je suis repartie en mer car le vent était bon. Il fallait avancer. Cette nuit, il fait très froid. Cette nuit, comme beaucoup d'autres nuits, je prépare du thé pour me réchauffer. Normalement, le thé est tiède car le brûleur récupéré dans de vieilles affaires était trop vieux, trop rouillé. Grâce au nouveau brûleur que l'on m'a offert juste avant de quitter le port, l'eau chauffe vraiment pour la première fois depuis 3 mois. Expérience nouvelles. Le thé est presque bouillant. Il fume. Est-ce la fièvre? la fatigue? Cette nuit, le thé m'émerveille. Je le regarde danser. de longues minutes. Il n'y a plus rien. Rien d'autre que cette envoutante fumée qui danse. Le thé danse pour moi et mon regard s'est perdu dans son charme. Harmonie, j'ai dansé toute la nuit.


*
Chasseur Alpin! Toutes les nuits de décembre à mars. Comme le confort est souvent une question d'organisation, j'ai assez vite réfléchi à un petit aménagement. L'air chaud est moins dense que l'air froid: plus léger que l'air froid, l'air chaud à tendance à s'élever alors que l'air froid à tendance à descendre. Partant de ce fait, j'ai suivi une astuce de survie que les chasseurs alpins utilisent quand ils doivent dormir dans des igloos: ils creusent un trou, une "fosse à froid" dans laquelle s’engouffre le froid. J'appelle ça un "piège à froid".

technique de survie
Concrètement à bord, j'ai placé le parabat-multifonctions dans le fond: il me sert ainsi de petit coussin surélevé et du coup je ne suis jamais au niveau le plus bas quand je fais le point sur la carte ou que je me prépare des nouilles ou du thé. Le froid est piégé entre la caisse à outils et un bidon étanche qui contient de la nourriture. Le plus souvent, la nuit, je suis assise dans la descente, et quand j'ai trop froid, sur le plancher, la tête dehors et les pieds justement posés sur le parbat-multifonctions un peu en hauteur, un peu à l'abri du froid.

poste de veille quand le petit pilote coopère
*
Ingé Lumière! Aux ports (car en mer Méditerranée, pas eu trop le temps de lire).
Pour lire quand il fait nuit, on a envie de croire qu'à la lumière de la frontale on peut lire tranquille. En fait c'est faux:  c'est nul, ça fait mal aux yeux.


j'ai essayé d'éclairer le plafond  (situé à 27cm au dessus de ma tête) pour un éclairage diffus plus intelligent, mais cela use les piles. Alors le soir, je lis et vis à la lumière de ma lampe à huile. Lumière jaune tamisée et douce, huile naturelle au citron et au miel.... délicieuse lumière qui réchauffe pour de vrai, qui ne gaspille pas de piles, qui est écologique, qui n'agresse pas les yeux, et qui permet de passer de très agréables soirées!

lumineuse source de chaleur
*
Astronome! Nuits nuageuses ou pluvieuses.
J'adore naviguer sous la lune.

nuit de pleine lune
Mais elle n'est pas toujours là, la lune, et parfois même quand elle est là, à cause des nuages, on ne la voit pas. Qu'à cela ne tienne! Pendant ces nuits sombres et quand elles n'étaient pas trop ventées j'ai utilisé ma frontale pour éclairer l'eau qui glissait le long de la coque de TaraTari: résultat: l'écume brille alors et mes yeux voient des étoiles! impossible à prendre en photo, mais ça fonctionne! des milliers de constellations éphémères et superbes!


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Gourmande (c'était facile)!"La gourmandise est un désir d'aliments jugés particulièrement agréables, que certains moralistes et certaines doctrines religieuses peuvent considérer comme un défaut ou une faute. La gourmandise est associée au plaisir". Et bien tant pis pour le défaut! vive la gourmandise modérée, excellent remède anti-froid! Un petit peu de chocolat et tout va bien! Je me rappelle notamment d'une relève de quart fin de sieste de 20 minutes à 3h20 du matin, quand Yannick Le Clech équipier devant Alicante, m'a offert des petits chocolats apportés de France. Avec un peu de chocolat à la clef, il est alors beaucoup moins pénible d'avoir à se réveiller! - la gourmandise au chocolat est mon remède anti-froid préféré ;)

En mer, en approche d'Alicante où il neige! février 2012
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Pêcheur! C'était devant Valence, le 13 janvier 2012.... en pleine nuit, en pleine pétole. Vous vous souvenez? l'histoire d'Eddy...  La pêche ça occupe. mais bon. Quand il fait nuit à 17h, il est un peu tôt pour dîner; quand je pêche à 4h du mat', le poisson au petit dej ne me tente pas trop non plus (et encore moins le vider...), mais ça a le mérite de maintenir éveillée et de manger quelques protéines.


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Première de classe! Faire des points toutes les 10 minutes ou toutes les 30 minutes, ça maintient éveillée! Ce n'est pas par abus de rigueur, ou pour me la jouer super studieuse, mais je trouve que c'est assez sécu de faire des points régulièrement et de savoir où l'on se trouve. Et puis quand le ciel est dégagé, l'exercice de la navigation astronomique est un passe temps pas si fastoche!


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Maïté! Tempête au passage du Cap de Palos... Il est 3h du matin et là, il m'a fallu affaler les voiles et ficeler la GV et le foc pour que rien ne bouge malgré le coup de vent fort. Et bien figurez-vous que ce n'est pas si facile: Essayez de ficeler rôti en pleine nuit, sous la douche ou à l'intérieur d'un tambour de machine à laver en marche, pour voir...

"rôti de Palos" spécialité TaraTarienne
Pour vous entraîner à ficeler vos voiles: il y a ce site au nom glamour "Univers Boucherie .com" ici

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Mannequin! Au port de Valence... Il pleut et le ponton éclairé comme un podium de défilé est ultra glissant! pour aller jusqu'aux douches, j'ai dû faire attention à ne pas me casser la margoulette en marchant.. Heureusement que personne ne m'a vu car ma démarche était, je l'avoue, ri-di-cule !


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Mécano! En mer, essayer de démarrer ce DjianDong adoré, ça réchauffe!
Si j'ai réussi à me réchauffer, je n'ai - on s'en doute - jamais réussi à le faire démarrer quand j'en ai eu besoin.... : /


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.... Il y a des milliers d'astuces pour faire face à la nuit et au froid....
Mais à mon sens, le plus chouette de tous les remèdes, c'est d'être :

Patiente!Pour cela, il suffit de rester éveillée de 4h à 9h du matin selon la saison et la latitude et d'observer le plus agréable des phénomènes: l'arrivée d'un nouveau jour!
Mon rituel: Crier "BONJOUR LE JOUR!" aux premières lueurs!


Puis "BONJOUR LE SOLEIL!" quand il pointe le bout de son nez!

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Nuit du 22 janvier 2012. 4h07 du matin. J'ai noté sur mon carnet de bord:
"Ne pas oublier: Au bout de la nuit, le soleil! "

vive le jour!
Capucine


lundi 20 août 2012

et mes cheveux aux quatre vents

Cet hiver, un peu partout.

Il m'est souvent arrivé de jouer de l'harmonica mais de temps en temps aussi, il m'est arrivé de chanter. Sans appareil de musique, je n'avais dans ces moments-là que ma mémoire pour m'inspirer. Chansons aux mélodies agréables et aux paroles pleines de sens ou de poésie, comme par exemple celles écrites par Georges Brassens ou encore Georges Moustaki, faisaient partie du répertoire.

un soir de décembre, à quai
Au début, sur le bateau, les premières chansons, je ne les chantais que dans ma tête. Parce que dans la vie on ne chante jamais comme ça à voix haute n'importe où n'importe quand n'importe comment. Et puis au fil des semaines, je me suis surprise à chantonner comme ça, n'importe où n'importe quand n'importe comment. Naturellement, en fait. Chanter, c'est agréable.

Dans notre société qui ne s'accorde plus grand chose de spontané, les gens -qui ne sont pas chanteurs professionnels- disent "chanter sous la douche" ou "au volant de la voiture". Pourquoi? certainement parce que la douche et la voiture, sont ces rares endroits, ces rares moments où l'on est seul, où l'on échappe encore un peu aux autres, à leur regard et aux remarques et rires briseurs de rêve, type "tu chantes faux". Pourtant chanter c'est une sorte de libération! quand on chante, sans le savoir on lance dans l'air plein de sons voyageurs, plein d'émotions. Les pensées s'envolent avec le chant, on se vide la tête de tout tracas. Mais la peur du regard des autres a décidé que l'on ne chantait pas comme ça, dans la rue, n'importe où n'importe quand. Notre super société si forte pour nous dire que ce n'est ni le moment ni le contexte voire même que l'on n'en est pas capable, est carrément moins forte pour nous encourager à, au moins, essayer.

Il y a quelques semaines, dans le métro, à Paris, j'ai fait une expérience: j'ai voulu voir si quelque chose que je fais dans ma vie pas très ordinaire à bord de TaraTari était possible dans une vie plus ordinaire, comme par exemple à bord d'un wagon de métro.

oui oui, il y a encore quelques arbres à Paris!
C'était quelque part sous terre, entre Bastille et République. Je me suis mise à chanter doucement. A mi-voix. Je ne chante pas très bien, je le sais, mais ce n'est pas très grave. On me regarde étrangement, avec ce regard qui dit "elle est folle" mais personne ne me dit que je le suis ou n'a osé à voix haute. Trois personnes qui se connaissent, juste à côté de moi, sourient. Ils se moquent un peu, mais je continue parce que personne ne me demande de me taire et je souris avec eux. D'autres s'écartent un peu, regardent leurs pieds, ma tête, leurs pieds, ma tête. Je poursuis. Comme je continue malgré les regards dérangés-dérangeants, les trois moqueurs gentils se mettent à chanter avec moi. Contents visiblement, presque rassurés de tenter le chant en trio et non pas en solo. Un monsieur entre dans le wagon avec son violon abîmé et commence à jouer les Amants de Saint Jean. Par respect -c'est son gagne pain- je me tais alors. République, je dois descendre. "Bonne journée!" Les trois gentils moqueurs me souhaitent aussi une belle journée et nous rigolons. Quelques pas dans le courant d'air du couloir. Un gars est là, debout. Il chante, joue Nirvana et l'étui de sa guitare est ouvert sur le sol avec trois pièces dedans. Visiblement "on" ne chante pas dans le métro, sauf pour: mendier sur un air des Amants de Saint Jean, pour tenter de se faire repérer par une maison de disque dans un couloir qui sent mauvais, pour encourager avec ivresse son équipe de foot préférée. On ne chante pas comme ça, assis en allant d'une station à une autre, ça ne se fait pas. Pourtant je pense n'avoir dérangé personne puisque les gens qui se regardaient en souriant ont même fredonné la mélodie avec moi. Et pourquoi pas chanter dans le métro? on connaît tous plein de chansons. Il n'y a rien de ridicule là-dedans: ce serait même carrément plus sympa et joyeux. l'ambiance serait peut-être plus légère.

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Après le moment passé avec les bateaux en bambou, l'autre soir à Brest, je suis allée aux Quatre Vents avec des amis. Tout le monde chantait! L'accordéon accompagnait les chants marins. Tout le monde s'amusait, et nous étions tous d'accord: ça fait drôlement du bien de chanter!
 
Le nom de ce lieu où j'aime aller quand je passe à Brest, me fait penser aux paroles d'une chanson que j'ai souvent eue en tête. Et que j'ai chantée il n'y a pas longtemps, dans le métro de Paris, entre Bastille et République.


Merci Georges Moustaki, pour vos chansons.

sous la douche, au volant, à bord d'un bateau,
en solo, à plusieurs ou en concert...
peu importe en fait! tant que l'on chante!
vive les chansons !
Capucine

mercredi 8 août 2012

petite conviction

Hiver 2012. En mer.

Au passage du Cap San Antonio, je me sentais bien et apaisée.
j'ai alors noté dans mon carnet de bord:

"L'esprit dépouillé de tout ce qui pouvait lui nuire, j'avance en paix."


Plus tard, j'ajoutais au crayon "petite conviction à relire en cas de contrariété".
Capucine




vendredi 3 août 2012

sandeq

Mercredi 18 juillet 2012. En France. A Brest.

Tonnerres de Brest, c'est impressionnant. De somptueuses unités venues de tous horizons et de toutes époques se rassemblent, le temps cette grande fête maritime bien connue des passionnés, de Bretagne et d'ailleurs.

c'est ainsi que les marins sont devenus d'excellents plieurs de housses de couettes.
Des milliers de personnes viennent ici voir les vieux gréements et rêver d'histoires de pirates et de chasses au trésor. Mais que me pardonnent mon aïeul le Capitaine Crochet et ses copains pirates, ce mercredi 18 juillet, c'est pour voir une toute autre sorte d'embarcation que je me suis rendue à Brest. Aujourd'hui, l'Indonésie, invitée d'honneur, fait naviguer ses bateaux en bambou et je ne pouvais pas manquer cela. Dans le port bondé, il y a un espace dédié à l'Indonésie. Bienvenue parmi les bateaux de pêche à la forme cousine de TaraTari!

l'Indonésie aux Tonnerres de Brest 2012
Un homme est assis là, sur une natte tressée. Il ne semble pas voir le regard des nombreux badauds. Il peint un batik. Au Burkina Faso ou encore en Birmanie, j'avais rencontré des hommes et des femmes qui peignaient des batiks de la même manière. Les méthodes voyagent et se transmettent.

Le batik indonésien est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco
Devant ce peintre. Quelques maquettes de bateaux colorés. Nous discutons un peu. De Sumatra à Papua en passant par Java, Bali, les îles de la Sonde et celles de Nusa Tangara, Sulawesi et Bornéo, et les Moluques, toutes les régions sont ici représentées par leurs différents bateaux.


Et alors que j'observe les maquettes en bois, un petit groupe d'hommes parle dans un langage que je ne comprends pas. Ces hommes sont des marins Indonésiens, que l'on appelle Mandar. Ils semblent un peu nerveux. Il faut dire que d'ici une heure, ils vont naviguer... Il y a 20 noeuds de vent et c'est la première fois que leurs bateaux sont en Europe (ils ont fait la route en cargo). Je m'approche du bassin. Trois immenses et fines libellules blanches en bambou y sont amarrées, ce sont les Sandeqs.

aux Tonnerres de Brest 2012
Avec une coque de 12 à 13 mètres, une bôme de 16 mètres et un double balancier de bois et bambou, ces voiliers étaient traditionnellement conçus pour la pêche rapide aux poissons-volants (dont les œufs oranges remplissent les sushis). Les Sandeqs sont coupés dans la forêt équatoriale lors de cérémonies émouvantes où il est question du respect de la nature. Ils sont peints entièrement en blanc pour conjurer les mauvais esprits de la mer. Ils filent vite sous le vent, à bord des Sandeqs, naviguer est une prouesse d'équilibriste pour les 8 marins du bord. Maintenant, en Indonésie, on fait beaucoup de régates à bord des Sandeqs. J'ai hâte de les voir sur l'eau!


Le mât, la bôme et les balanciers sont en bambou, la coque centrale en bois. Pas de strat, tout est relié grâce à d'épais cordages! L'assemblage est surprenant.
Il est 18h, les grands voiles en coton sont hissées: Sublime démonstration du potentiel de voiliers construits avec des matériaux écologiques. Quelle puissance! Et quel talent, ces marins!

Quand on parlait de marins-équilibristes!   ©Isabelle Magois

Fascinant! Mais pour ce rendre compte du talent de ces marins-équilibristes, le mieux serait peut-être encore d'embarquer... ça vous dit? Les Tonnerres de Brest ont bien fait les choses, voici quelques images époustouflantes! Allez, à bord, tout le monde! on part régater en Indonésie: et vous verrez, c'est plutôt sportif, la pêche aux petits oeufs des sushis!




A bord de TaraTari, il y a un super tangon en bambou qui tient bon depuis... le Bangladesh! Le bambou est un matériau très résistant quand il est de bonne qualité. Et celui-ci ne fait pas semblant d'être robuste!

Quand le jute et le bambou naviguent au portant, en Atlantique
Les bambous sont des plantes monocotylédones appartenant à la famille des roseaux. Ils constituent la sous-famille des Bambusoideae qui compte environ 80 genres et plus de 1200 espèces. Le tronc du bambou est souvent utilisé pour sa résistance et sa légèreté. Exemple marquant: le bambou sert pour les échafaudages de gratte-ciel, et notamment pour certains des plus hauts du monde: ceux du Two International Finance Center (416m) et Central Plaza (374m) de Hong Kong, la Jin Mao Tower (421m) de Shangai et bien d'autres encore ont notamment utilisé ce matériau.

Echafaudages en bambou, en Chine.
Et au delà de sa résistance, le bambou a la bonne idée d'être propre: il peut fixer 30% de plus de CO2 que les arbres feuillus, jusqu'à 12 tonnes de C02/ha/an (3 tonnes pour une forêt de feuillus). Il libère donc 30% d'oxygène de plus que des arbres! De plus en plus de constructions se font en bambou. L'architecte colombien Simon Velez est reconnu comme étant le plus grand spécialiste des constructions en bambou. A Cartagena en Colombie, il a par exemple construit une sorte d'immense cathédrale au bord de l'eau. Un projet qu'il a nommé "Church without religion":

Simon Velez a construit plus de 250 édifices en bambou!
Ajay Khanna, architecte Indien, suit le même chemin, apprend auprès de Simon Velez, et parcourt le monde pour parler "bambou" dans les universités. Et ce qui ne gâche rien à l'affaire, il ajoute une petite volonté de rester dans le 'low cost' dans le process' de construction. En Europe, nous n'avons ni le bon bambou, ni la méthode, les échafaudages en bambou dans les rues de Paris, ce n'est pas donc pour tout de suite. Cependant, dans le cadre d'une utilisation du bambou dans la construction comme matériel écologiquement performant, une équipe hollandaise a comparé l'empreinte écologique de l'acier, du béton, du bois local et exotique, et du bambou (importé du Costa Rica) pour des constructions aux Pays-Bas. C'est celle du bambou s'est révélée être la moins importante. Good news. Certains se bougent et trouvent des solutions locales plus respectueuses de l'environnement, plus propres pour notre chère planète malade. Les choses avancent, il faut que cela se sache et que l'on continue :)

aux Tonnerres de Brest 2012
Retour au bassin Indonésien. Temps d'observation et de rencontres. S'inspirer des astuces traditionnelles venues d'ailleurs. Dans mon carnet je note, gribouille quelques schémas. Je me dis aussi que je devrais peut-être remplacer mon harmonica par une version bambou plus écologique que l'on m'avait offert au Pérou....

- harmonica écolo -
A croire que bambou marche pour tout.

Bravo aux Tonnerres de Brest pour cette super initiative, voir les Sandeqs, les praos et tout ce bambou naviguer en Bretagne, c'est magique! Comme pour les peintres de batiks, il faut que les méthodes voyagent et se transmettent, tout en respectant le savoir faire traditionnel local et l'écosystème de chaque endroit.

Enfin, j'en profite pour encourager Gabriel Lerebours, un petit jeune en action qui aime le bambou et les bateaux et qui a un grand talent: celui de vouloir être porteur de solutions. Longue vie à ton projet, Gabriel!

A bientôt!
Capucine